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Passionné par la sculpture et la gravure depuis son plus jeune âge, Jean-Marc Forceville aurait aimé entrer dans une école des Beaux-arts. Hélas peu doué pour les études, il dut se rabattre sur un CAP de soudeur pour entrer dans la vie active. Quant à 39 ans il perd son travail, il a acquis une belle expérience en mettant à profit son métier pour réaliser des sculptures métalliques. Et quand il va s’inscrire à l’ANPE, il prend avec lui quelques-unes de ses œuvres et déclare qu’il veut s’installer et faire de la sculpture son nouveau métier. Un conseiller compréhensif lui dit que s’il trouve une école d’art qui veut bien l’accueillir durant au moins un an, il sera pris en charge. Plein d’espoir, il sonne à la porte des beaux-arts de Lille, situés à l’époque boulevard Carnot : son travail séduit, il est admis et suit, entre autres, les cours de Marie-Noëlle Goffin et de Roger Frezin. Sa carrière est lancée.
« Au bout de 18 mois je me suis lancé. Au début, pour gagner ma vie, j’ai réalisé des gravures en taille-douce que je tirais à cent exemplaires, explique-t-il. J’avais sept points de vente à Lille, et ça marchait plutôt bien. J’étais aussi intervenant dans les collèges, les lycées et surtout pour l’EPSM d’Armentières où l’accueil était formidable. Mais je voulais autre chose, je voulais graver et sculpter à des tirages plus réduits et j’ai décidé de travailler pour moi. »
Artiste sculpteur, touche à tout, comme il se définit, il réalise ses monotypes avec différents matériaux, privilégiant la religion, l’humain, dans ses œuvres. « Je suis croyant et je réagis à l’intolérance, je mets en scène des justes, les cris, les croix, qui sont tout mon univers. J’ai du mal à communiquer oralement, alors je m’exprime par la sculpture, les gravures, j’essaie que les gens me comprennent. Je sculpte la pierre, je coule du bronze, de l’acier. Quand j’ai une idée, je fais plein de croquis et je mets en place, j’essaie d’être cohérent », confie-t-il.
Jean-Marc Forceville révèle que le hasard est présent dans ses monotypes et que l’on peut créer avec à peu près tout. « Quand j’étais jeune je regardais Rodin, Rubens, après je suis passé à Picasso et Matisse. On commence toujours par le figuratif, et en prenant de l’âge on se rapproche de l’abstrait. Mes œuvres sont mes fantasmes, je suis un artiste artisan », conclut-il. (texte Serge Carpentier – CLP – La Voix du Nord 11/08/2024)







